L’Algérie restera le symbole du "courage" et de "dignité" pour les peuples d’Afrique (ancien PM malien)
ALGER - L’Algérie restera le symbole du "courage" et de la "dignité" pour les peuples d’Afrique et du monde, a affirmé dimanche à Alger l’ancien Premier ministre et ancien président de l’assemblé populaire du Mali, Ibrahim Boubacar Keita.
"L’Algérie demeurera, à jamais le symbole vivant et vivifiant du courage, de la détermination pour les peuples d’Afrique et du monde afin que triomphe ce qu’un individu a de plus cher : sa dignité", a indiqué M. Keita lors de la conférence panafricaine contre le retour du colonialisme en Afrique.
Il a souligné que le peuple algérien peut s’enorgueillir d’avoir remporté d’"immenses victoires dans l’édification d’une nation-phare qui continue à porter le flambeau de la liberté et d’indépendance".
Evoquant les mérites de la diplomatie algérienne durant les années 70, M. Keita a rappelé les temps forts de celle-ci lorsque le régime raciste de l’apartheid fut expulsé, à l’initiative de l’Algérie, de l’assemblée générale des Nations Unies, en signe de solidarité avec le peuple sud-africain.
Abordant les menaces qui pèsent aujourd’hui sur les peuples africains, l’ancien Premier ministre malien a dénoncé le fait que "tout soit fait pour dévaloriser le nationalisme africain, décourager les peuples afin qu’ils renoncent à leur souveraineté et cèdent leurs richesses aux puissants du monde".
"L’Afrique demeure, plus qu’hier, un enjeu fondamental dans les nouvelles réalités opposant les puissances extracontinentales. On dit que l’Afrique est pauvre, si tel était le cas, pourquoi alors tout le monde se rue sur notre continent", s’est-il interrogé.
Pour lui la nouvelle forme de colonisation, ne se traduira pas par l’occupation des terres africaines, mais se manifestera "subtilement", à travers des "mécanismes prétendument objectifs (réajustement structurel, bonne gouvernance, etc.) et des interventions "légitimées" par le Conseil de sécurité de l’ONU pour changer les dirigeants en place.
Concernant la crise malienne, M. Keita a estimé que le Mali "s’est effondré" le 22 mars 2012, "sous les coups de boutoir de jeunes officiers subalternes" qui ont fomenté un coup d’Etat, soulignant la nécessité de refonder une nouvelle démocratie dans ce pays qui sera axée sur la justice sociale et l’Etat de droit, car "il y va, a-t-il dit, de la stabilité de la région".
L’ancien ministre des îles Comores, Yousouf Said Soilihi a, quant à lui, récusé le discours de l’ancienne puissance coloniale, notamment la France sur le rôle positif de la colonisation.
"Ils nous parlent du rôle positif de la colonisation, alors qu’ils nous ont acculturés et spoliés de nos richesses tout au long de l’occupation de nos terres. Alors pour nous, nous parlons de la criminalisation du colonialisme pour mettre à nue toutes les barbaries qu’ils a commises", a-t-il observé.
"Le colonialisme qui a détruit nos structures mentales et pillé nos richesses requière un droit d’inventaire", a-t-il lancé. "Nous devons être vigilants et nous mobiliser pour combattre le colonialisme sous ses diverses formes actuelles", a-t-il insisté.
De son côté, l’ancienne ministre de la culture du Mali, Aminatou Drahman Traoré, a affirmé que le développement des pays africains ne pouvait se faire avec des pays sous tutelle, mettant en exergue la nécessité de faire confiance aux jeunes en leur donnant l’occasion de participer au développement de leur pays pour qu’ils puissent profiter eux même de ses richesses.
Selon elle, il faut puiser dans "le terreau fertile de la culture" et dans les valeurs africaines pour arriver à créer une "révolution éthique" et "morale" et ainsi sortir du sous-développement, de la dépendance et de l’immixtion étrangère.
"Il est nécessaire également de reposer la question de la place de la femme dans les sociétés africaines, pas en terme d’égalité seulement, mais aussi en terme de justice, car les femmes d’Afrique sont les porteuses de valeurs, indispensable pour la préservation de la paix et du développement", a-t-elle préconisé.
Les travaux de la conférence panafricaine contre le retour du colonialisme en Afrique, qui se tient dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, se sont ouverts dimanche à Alger, avec la participation de personnalités algériennes et étrangères.
La rencontre de deux jours est organisée par le Collectif algérien de la société civile, membre du Front citoyen africain pour la démocratie et contre le retour du colonialisme en Afrique.
Dans son allocution d’ouverture le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mohamed Mahrez Lamari, a indiqué que "le colonialisme que nous avons vécu hier et nous avons chassé de nos territoires, essaye de revenir par tous les moyens et sous de nouvelles formes".
Pour M. Lamari, ce colonialisme tente de "fabriquer des conditions pour déstabiliser les souverainetés nationales, l’intégrité territoriale, pour nous déposséder de notre histoire, de nos valeurs et de nos richesses naturelles".
Au terme des travaux de la conférence, une déclaration sera adoptée par les participants en vue de consolider le "Front africain pour la démocratie et contre le retour du colonialisme en Afrique".APS
Algeria will remain the symbol of courage and dignity Mr. Ibrahim Boubacar Keita former president of the assembled people of Mali in July 2012
والجزائر لا تزال رمزا للشجاعة والكرامة
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patrick le berrigaud

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